Pyrale

La Pyrale du buis : un fléau qui touche notre patrimoine arboré…

Vos haies, vos bordures ou vos topiaires de buis dépérissent ? Les feuilles chutent et sont attaquées ? Cela est certainement dû à la pyrale du buis.

C’est un papillon nocturne, originaire d’Asie, dont le nom est Cydalima perspectalis. La chenille, à l’appétit colossal, se nourrit exclusivement de feuilles de buis. Présente en France depuis 2008, ce lépidoptère est très bien adapté à notre climat et n’a pas de prédateur naturel connu.

Comment reconnaître la Pyrale du buis ?

Pyrale

Les signes de la présence de la Pyrale du buis sont l’attaque et le dessèchement des feuilles ainsi que le dépérissement du buis. De plus, la présence de fils de soie, de toiles et de cocons tissés à l’intersection des branches renforce le diagnostic.

En outre, dès Février/Mars, les chenilles de couleur verte, aux lignes jaunes et noires, avec des verrues noires, parcourent les branches et dévorent les feuilles de vos buis. Puis, à l’état adulte, entre Juin et Octobre, le papillon, de forme triangulaire, aux ailes blanc argenté et marron, vole et tournoie autour de vos buis, dès la tombée du jour.

Cet insecte se propage alors à raison de 2 à 3 générations par an. En effet, l’intensité des vols et des pontes se produit en Juin/Juillet. De plus, une autre « vague », moins intense, intervient en Septembre.

Quels traitements existe-il ?

Tout d’abord, en cas de faible invasion, vous pouvez commencer par retirer manuellement les chenilles présentes dans vos buis. Elles ne sont pas urticantes et doivent être détruites après ramassage.

Ensuite, en cas de présence plus importante de chenille, il existe un insecticide biologique, naturel et sélectif : le Bacillus Thuringiensis var Kurstaki. Ce produit n’agit que sur les chenilles. La bactérie est ingérée par l’insecte : ce qui provoque sa mort en quelques heures.

Pour cela, vous devez pulvériser l’ensemble du feuillage (sur et sous les feuilles) dès Février/Mars : au moment où les chenilles hivernantes reprennent leur activité. Cette pulvérisation est à renouveler une fois par mois.

Enfin, au stade adulte (papillon), le piégeage hormonal, à base de phéromone spécifique à la Pyrale du buis, est le seul moyen efficace. En effet, les papillons mâles sont attirés, puis capturés : ce qui permet de limiter les pontes et donc d’éviter de voir apparaître d’autres générations de chenilles.

Quels comportements/gestes à adopter ?

Les comportements ou gestes à adopter se résume en trois mots :  Surveiller – Lutter – Supprimer.

1 – Supprimer les feuilles mortes (et les autres débris) qui sont présents dans vos buis, mais aussi tout autour de vos arbustes.

Supprimer également, à la main ou mécaniquement (souffleur, puissant jet d’eau,…) le ravageur en présence.

2 – Surveiller vos buis REGULIEREMENT et avec soin : c’est-à-dire jusqu’au cœur de la plante. Commencez dès Février/Mars pour pouvoir intervenir au plus tôt.

Surveiller également les vols de papillons (grâce aux pièges à phéromone) d’Avril à Octobre.

Surveiller enfin l’apparition des premières chenilles.

3 – Effectuer un traitement de Bacillus Thuringiensis var Kurstaki dès la reprise d’activité des chenilles hivernantes.

Traiter également une semaine après un fort pic de vols de papillons et renouveler 7 à 10 jours après.

Mes propres observations sur le terrain 

J’ai pu remarquer que cette chenille défiolatrice, à l’appétit vorace, est bien présente dans notre région. D’ailleurs, les dégâts causés par cet insecte sont si importants que les parterres de buis sont arrachés par les jardiniers et les services « espaces verts » de certaines villes.

De plus, dans la région Mâconnaise, j’ai pu constaté personnellement l’ampleur de l’invasion de la Pyrale. Dans le Charolais, le Brionnais et le Nord Roannais, la Pyrale du buis commence sans doute à faire son apparition.

Aussi, je recommande aux personnes possédant des parterres, des haies, des sujets anciens de buis de ne pas hésiter à solliciter les conseils et les services des entreprises du paysage. Vous aurez ainsi un diagnostic concret sur l’état sanitaire de vos buis.

De plus, j’invite les services « espaces verts » des villes, les jardiniers communaux à apporter leurs observations, leur expérience et à communiquer auprès de la population sur l’invasion de ce ravageur.

Je pense qu’il ne faut pas négliger les risques de propagation de la Pyrale du buis.

Francis Dalary, Feeling Jardins

 

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